There is something about Marie

There is something about Marie

Dialogue interne

17 juillet 2008 par Marie

- Lève-toi !

- Non merci.

- Lève-toi, te dis-je ! Tu ne pourras pas rester couchée éternellement.

- Veux-tu parier ?

- Cesse de faire l’enfant, je te prie. Allons, un peu de courage.

- Je n’en ai jamais eu beaucoup - j’ai épuisé la réserve à lutter contre toi. Maintenant, je veux dormir.

- Tu ne dors pas, tu te caches.

- Je ne me cache pas, je me terre.

- Tu ne te terres pas, tu t’enterres.

- Soit. Laisse-moi donc m’enterrer et fais silence. Ici, rien ni personne ne m’atteint.

- Le monde continue de tourner quand tu rabats la couette sur ta tête.

- Qu’il tourne, moi je dors.

- Et ceux que tu aimes ?

- Je n’ai plus rien à leur donner.

- Et ceux qui t’aiment ?

- Je n’ai plus rien à leur prendre.

- Tu seras donc celle qui abandonne ?

- Je serai celle qui refuse.

- Tu seras méprisée, l’objet des colères de ceux que tu as laissés, on te taira de honte.

- On m’oubliera.

- Rien qu’un sursaut, une étincelle, un souffle et tu peux repartir.

- Rien qu’une main qui ne se tend pas, un mot qu’on ne dit pas, une journée de silence encore et je peux me dissoudre.

- Mais tu es forte…

- Mais je suis lasse…

- Tu ne veux plus, alors ?

- Je n’en peux plus, c’est tout.

- Oh Marie, ramasse ta peine et lève-toi, tu le dois.

- Oh Marie, si je ramasse la mienne, je reprends le fardeau de tous. Si je repars, je n’irai pas bien loin. Je dois cesser de tendre le flanc et je ne sais pas faire autrement.

- Un jour, encore…

- Un jour, d’accord …

Des bises,

Marie

Le démon dans ta chatte

3 juillet 2008 par Marie

Depuis des années, le Nathasamère me tanne pour avoir un chat. Un chat. Chez moi. Pour un peu j’en rirais.
Quand il s’est fait trop insistant, je lui ai acheté une Wii et j’ai sottement cru qu’il passerait à autre chose. Le fait est qu’il a cessé de réclamer un chat. A la place, il a demandé une petite soeur. Alors je lui ai pris un chat, pauvre cul.

Je suis allée la chercher (stune fille chat) à Marseille, parce que c’est là qu’on fait les meilleurs chats (et aussi les meilleures copines avec vers Provins) et aussi parce que si c’était trop facile, genre chez les voisins du dessous, je n’aurais plus grand chose à vous raconter (hum…). Alors si j’ai bien un conseil à vous donner, c’est que au cas où vous seriez intransigeants sur le fait de voyager discrétement incognito, ne le faites pas avec un bébé chat terrorisé. C’est une très mauvaise idée, vu qu’elle va chanter Ramona à tue-tête dans la gare Saint-Charles qui résonne tout ce qu’elle sait et dans le train où des gens honnêtes essayent de dormir madame.
Aussi, pensez-vous peut-être que vous allez attirer le garçon grâce à ce trop mignon petit chaton. Folie. Un bébé chat, c’est un aspirateur à vieille dame et à morveux, les deux catégories enfilant leur doigts répugnants dans la grille de la caisse de voyage et achevant de faire virer la pauvre bête maboule de peur.
En plus avec un chat, on peut même pas aller boire des bières au wagon-restaurant parce que je vais quand même pas me trainer 20 kilos de valise hurlante dans les allées d’un train bondé. J’ai donc pris mon mal en patience et encaissé dignement les insultes de mes voisins de compartiment, parce que ma chatte, quand elle flippe, elle fait beaucoup caca.

Arrivée à la maison, elle a fait caca dans les plantes et s’est planquée 24 heures sous mon lit, histoire de protester vigoureusement contre le traitement odieux que je lui avais infligé. Elle n’a pas dû se sentir trop seule avec tous les moutons qui s’y trouvaient. Je mets ça au passé parce qu’ils n’y sont plus, les moutons. Elle est ressortie de sous le lit avec tous sur le dos - au début j’ai même cru que les chats prenaient 10 kilos par jour rapport qu’elle avait triplé de volume.
Du coup, j’ai passé l’aspirateur. C’est là que je place astucieusement mon deuxième bon conseil. Si un jour vous vous demandez comment décrocher dans un même mouvement vos rideaux, la totalité des cadres ornant vos murs, et toutes les feuilles du ficus, c’est un jeu d’enfant. Mettez l’aspirateur en route et laissez faire le chat. Digne des meilleurs spectacles de voltige à moto dans une cage sphérique.  De toute façon, je m’en fiche, c’était déjà rien moche chez moi. Non, c’est pour elle que je m’inquiète : les griffes qu’elle a profondément fichées dans le mur repousseront-elles, rien n’est moins sûr.

Sinon, elle s’acclimate bien. Elle est même assez heureuse je crois, à condition que je respecte scrupuleusement quelques règles de vie. En premier lieu, comme je suis sa maman et qu’elle m’aime follement avec les griffes, je dois me laisser téter la joue et le bras quand elle a décidé. Et s’il me venait l’idée d’avoir un peu autre chose à faire, il vaut mieux que j’oublie vite sinon elle fait caca dans les plantes. Téter, c’est VITAL.
Aussi, c’est elle qui dit quand c’est l’heure de dormir. L’heure c’est l’heure, il ne faut pas déconner avec ça, sinon elle fait caca dans les plantes. J’en profite pour présenter mes excuses à tous mes contatcts msn, que j’abandonne régulièrement au beau milieu d’un conversation avec pour seule excuse que le chat vient de faire caca dans les plantes. Je tiens aussi à dire au rouquin avec qui j’avais caressé l’éventualité de faire des expériences scientifiques sur elle (on voulait ne lui filer que des crevettes à manger pour voir si on pouvait la transformer en flamand rose) qu’on va oublier hein, j’ai trop peur, tu verrais comme elle me fixe quand j’ose ne lui mettre que des croquettes dans sa gamelle en argent…
Hier soir, je parlais inconsidérément au téléphone avec la Belette depuis au moins 10 minutes. Elle m’a rappelée à l’ordre en flanquant la tour de linge par terre. Trois fois de suite. Comme je ne réagissais pas assez vite, elle a collé la totalité des casseroles sur le carrelage. Là, évidemment, j’ai dû raccrocher, puisqu’il a fallu que je rassure les voisins que non non, il ne s’agissait pas d’un tremblement de terre, que oui oui ça allait bientôt finir ce bordel : j’allais me coucher avec le chat, c’était l’heure.
Un autre point d’importance majeure concerne le titre de propriété de mon lit. D’une manière générale, tout ici lui appartient et elle ne fait que nous y tolérer. Le lit, c’est pareil il ne faut pas la prendre pour un lapinou, c’est A ELLE. J’ai le droit de dormir sur un tout petit tiers du matelas, à condition de ne pas bouger d’un iota sous peine de me faire mordre les fesses. Et si jamais il me revient l’idée d’essayer d’y introduire un barbu (dans le lit, hein, pas dans mes fesses), elle m’a prévenue, elle fait caca dans les plantes. D’ailleurs, elle peut se rassurer, vu comme elle regardait l’appareil uro-génital dudit barbu et la lueur folle dans son oeil vert, je doute qu’il ait jamais envie d’y remettre une couille. Dans mon lit, donc, pas dans l’oeil du chat. J’allais oublier : le lit c’est exclusivement fait pour DORMIR et faire des gratouilles dans le cou du chat. Pas question donc, de tenter de prendre un bouquin ou la DS ou le Télérama ou le barbu. Toute tentative d’outrepassage sera fermement punie par une séance de retro-pédalage de pattes arrières sur le gras de mes bras et d’un caca fumant dans les plantes. A la limite et si vraiment j’insiste, je peux lui faire la lecture, mais c’est elle qui décide du livre : elle va le choisir dans la bibliothèque en le foutant par terre d’un habile coup de patte.

Mais tout ça, c’est roupie de sansonnet. Non, le vrai problème avec cette chatte, c’est qu’on ne sait toujours pas comment elle s’appelle. Elle a successivement répondu au nom de Michel (mais on ne peut pas à cause que c’est le nom du papa en slip de ma copine rose), Machine (à cause de Le Chat Machine), Beauté (à cause de le chat botté oh ça va on peut rigoler non ?), Maricha (à cause que c’est quand même le chat de Marie), Vas-tu-t-arrêter-de-faire-caca-dans-mes-plantes-maudit-greffier (mais là, elle aime pas DU TOUT parce que je crie et que quand je crie elle fait caca dans les plantes), Pokemon (à cause que comme une abrutie, j’ai demandé son avis au Nathasamère), Cacatomane (à cause que… oui bon c’est pas la peine de vous faire un dessin non plus hein ?) (mais aussi parce qu’un jour elle a fait caca dans sa caisse, MIRACLE, sauf qu’elle a marché dedans et qu’elle est venue faire un câlin dans mon son lit après) et Mimi (à cause qu’en fait c’est le seul nom auquel elle accepte de répondre, même que quand j’appelle “Mimiiiiiiiii” avec une petite voix toute douce, elle arrive en courant et en disant “mouiiiiiii ?” elle est tellement mignonne) (Non, mais cessez de rire TOUT DE SUITE, je ne renie rien du tout, je n’aime toujours pas les chats. J’aime CELLE-LA c’est pas pareil et je lui achète du lait spécial pour les bébés chat à 25 mille dollars la mini bouteille si je veux) (et un toilette auto-nettoyant qui coute un oeil de Bill Gates qu’elle n’utilisera jamais puisqu’elle a les plantes pour faire caca aussi, ne me jugez pas).

Au secours, j’ai un bébé chat.

Des bises,

Marie

Just another manic Monday

19 mai 2008 par Marie

Tu te demandes, ami, ce qui peut bien exister de pire qu’un lundi où ton fils t’annoncerait devant la porte de l’école, genre 10 minutes après la sonnerie qui braille que vous êtes en retard les mômes, que comment ça il aurait oublié de te préciser qu’il lui fallait un pique-nique aujourd’hui mais tu n’aurais pas par hasard un sandwich dans ton grand sac à main là non alors il faut reprendre la voiture et foncer au supermarché et réparer vite cette erreur ? Hein ? Tu te demandes ? Fastoche, parce que ça, c’est un lundi comme les autres.
Le lundi de merde, le vrai, celui qui sent mauvais sous les bras, c’est le lundi qui se poursuit comme tel :

A la caisse du supermarché, il faudra que tu dégaines ta CB machinalement, en oubliant que ton relevé de compte t’a déjà signalé qu’il vaudrait mieux la laisser au chaud pour un moment. Dans le lecteur, ça moulinera ça moulinera ça moulinera et là, tu sentiras les gouttes de sueur te perler entre les nichons (oui, moi c’est de là que je sue quand j’ai peur). Le verdict sera implacable, C’EST NON ET N’Y REVIENS PLUS. Là, deux options s’offriront à toi : tu payes le sandwich, les chips et le jus de pomme en pièces de 10 centimes d’euros en te faisant insulter par toute la file d’attente de derrière toi ou alors tu fais vitevitevite monter les larmes dans tes yeux et tu chevrotes “je peux vous faire un chèque ?” à la dame qui dit non bien sûr prenez-moi pas pour un jambon. Les pièces de 10 centimes donc.

Une fois la honte bue, tu devras jeter ton andouille de graine de Paul Loup Sulitzer après l’AVC de fils dans la bagnole et re-foncer à l’école. Ou dans le poteau en métal de l’abri à caddies, au choix. Boah allez, c’est un lundi de merde ou bien ? Soyons fous, défonçons-nous le feu arrière d’une voiture qui ne t’appartient déjà plus puisqu’elle est vendue.

A l’école, il faudra sonner pour qu’on t’ouvre la porte et ça, ça fera beaucoup bander la directrice qui ne t’aime pas beaucoup depuis que tu lui as gentiment signalé qu’elle n’allait quand même pas nous pondre une pendule que le Nathasamère ait montré sa bite à la cantine, alors qu’elle exhibait une serviette hygiénique de la taille de la Bande de Gaza sous son pantalon blanc. Elle aimera, donc, te faire des yeux trop trop méchants et te grincer que le règlement intérieur… toi, tu n’écouteras plus, tu seras déjà dans la voiture ou ce qu’il en reste.

Tu rentreras vite chez toi parce que le technicien de Free-sa-mère-la-pute doit venir te soutirer un gros chèque en bois pour réparer ta free-box. La free-box, pour celui qui l’ignore, c’est ce boîtier noir moche qui ne marche pas à côté de ta télé.
Quand tu arriveras, tu te seras grouillée pour rien parce que le technicien ne sera pas là. Il ne sera pas là toute la matinée comme prévu d’ailleurs, parce qu’il arrivera 7 minutes chrono après ton départ, en fin d’après-midi. Et il voudra te facturer son déplacement genre le prix d’un rein au marché noir. Il a vu la Vierge le technicien.

Dans la boite aux lettres, tu trouveras une facture EDF, une facture de cantine et une contravention pour excès de vitesse parce que, pressée d’aller passer un week end de merde absolue chez ton père, tu t’es fait flasher à 131 km sur l’autoroute. Au lieu de 130 oui. 68 euros le kilomètre/heure, c’est cher payé, j’aurais dû faire Trésor Public.

En attendant le technicien, tu vas décider qu’il est indispensable, là, tout de suite de retoucher ta frange. Haha retoucher maintenant que j’y pense… bref. Pourtant, avant même de te coller la pointe des ciseaux dans le coin interne de l’oeil (celui qui produit les larmes de douleur et les gros mots à base de bordel de merde) tu sauras que c’était une erreur, mais tu t’entêteras. Pendant 20 bonnes minutes. Une fois fini la grande venaison, tu te sentiras prête à chanter très fort “Donnez-nous mille colombes”.

Ensuite, ton ex te téléphonera. Soupir. Déjà ton ex et pour rester correcte parce que c’est quand même le père de ton fils, il est tellement con que son ampoule rectale fait plus de lumière que la plupart de ses assertions. Tu vois un peu le genre. Bon. Mais là, il sera comme qui dirait COMPLETEMENT à la masse. Même pas tu comprendras ce qu’il te veut. Ce sera vaguement à base d’argent, de papiers du divorce, des impôts et de j’aurai ta peau. Et toi, comme tu as un sens de l’humour un peu particulier ou les fils de la colère branchés par erreur sur la boite à rire, tu te marreras. Ton ex, ça le rend dingue, ça, quand tu ris alors qu’il te cherche des noises. Ça se terminera forcément mal.

Là, tu pourrais décider que trop c’est trop, que tu mérites bien d’aller te recoucher et qu’une fois la couette par dessus ta tête, le monde oubliera peut-être que tu existes. Mais ton voisin, lui, il a décidé qu’il aimait Florent Pagny. Avec beaucoup de basses.

Si on me cherche, je suis pas loin de la boite de Valium.

Des bises,

Marie

Samedi rien qui vaille + un édit qui vaut son pesant de cacahuètes

20 avril 2008 par Marie

17/09/07

Madame,

Je vous prie de bien vouloir excuser l’absence de mon fils à la classe de samedi dernier pour cause de grippe.

Cordialement,

MH

24/09/07

Madame,

Veuillez excuser l’absence du Nathasamère samedi matin pour raisons familiales.

Cordialement,

MH

15/10/07

Madame,

Je regrette de n’avoir pu emmener mon fils à l’école samedi dernier, ma voiture ayant refusé de démarrer. Je vous prie de bien vouloir m’en excuser.

Cordialement,

MH

29/10/07

Madame,

Le Nathasamère vient de m’informer que, contrairement à ce que je pensais, samedi dernier n’était pas une journée vaquée. Je regrette cette méprise et vous remercie de m’en excuser.

MH

26/11/07

Madame,

Mon fils étant malade samedi matin, j’ai préféré le garder alité. Merci de bien vouloir excuser son absence

MH

10/12/07

Madame MH,

Le Nathasamère était absent en cours samedi dernier. Je vous prie de bien vouloir justifier cette absence par écrit.

Cordialement,

La Maîtresse

11/12/07

Madame la Maîtresse,

Veuillez trouver ci-joint la justification écrite de l’absence du Nathasamère en cours samedi dernier.

Cordialement,

Madame MH

14/01/08

Madame,

Je vous prie de bien vouloir excuser l’absence de Nanou le samedi 12 janvier pour cause que j’avais vraiment la flemme de me lever pour l’emmener. Je vous remercie de m’en excuser.

Cordialement,

MH

15/01/08

Madame MH,

Je vous rappelle que l’école est obligatoire et que la flemme n’est pas une excuse valable pour ne pas y emmener Nanou.

Cordialement,

La Maîtresse

16/01/08

Madame la Maîtresse,

Ah, flûte, je n’aurais pas cru. Alors disons la scarlatine. C’est bien comme excuse valable, la scarlatine non ?

Cordialement,

Madame MH

28/01/08

Madame MH,

Je n’ai pas de justification écrite pour l’absence de votre fils le samedi 26 janvier dernier.

Cordialement,

La Maîtresse

29/01/08

Madame la Maîtresse,

Je vous plains de tout mon cœur et reste à votre disposition si je peux vous être d’une quelconque aide dans votre recherche de justification écrite.

Cordialement,

Madame MH

11/02/08

Madame,

Le Nathasamère a vomi à gros bouillons avec des morceaux de tartiflette de la taille de mon poing une bonne partie de la nuit, dont une fois dans mon lit, une sur mon pyjama et une dans mon cou je ne vous raconte pas l’état de mes cheveux. Je n’ai pas gardé de souvenir précis de la couleur, mais je peux vous garantir que ça ne sentait pas le lilas frais. Je suis sure que vous me saurez gré de ne pas vous l’avoir envoyé samedi matin rapport à la contagion et apprécierez le niveau de détail de la présente justification d’absence.

Cordialement

MH

25/02/08

Madame,

Votre fils a été absent 10 samedis sur les 12 depuis le début de l’année. Je me permets de vous rappeller que l’école est obligatoire le samedi matin. Les cours sont les mêmes que durant la semaine et il rate régulièrement des exercices et des bilans.

Cordialement

La Maîtresse

26/02/08

Madame la Maîtresse,

Je me permets à mon tour de vous rappeler que le verbe «rappeler» à l’infinitif ne prend qu’un «l». Je vous propose, afin d’optimiser l’organisation de vos cours, de programmer les leçons d’orthographe le samedi matin. Ainsi, le Nathasamère ne «raterait» pas grand-chose.

Cordialement parce que, quand même on n’est pas des bêtes,

MH

28/02/08

Chers Parents,

Samedi prochain 1er mars 2008, les enfants de la classe assisteront à un film conférence «Vivre aujourd’hui et autrefois».

Le coût de cette projection est de 3,20€ par élève.

Signature des Parents :

29/02/08

Chère Madame la Maîtresse,

Voilà ce qu’on va faire : je vous joins à la présente un chèque de 6,40€, ça me fait plaisir et je nous considère quittes du film conférence. N’allez pas croire que je prive le Nathasamère de gaieté de cœur de ce grand moment de culture, mais j’ai le pressentiment que nous aurons une bonne justification écrite pour ne pas nous lever aux aurores, comme par exemple lire du Roald Dahl au chaud dans mon lit.

Cordialement,

MH

AVIS D’ABSENCE

Nous avons le regret de vous informer que votre enfant en classe de CE1 ne s’est pas présenté à l’école le samedi 5 avril.

Nous vous prions de bien vouloir nous indiquer les raisons de cette absence.

Nous vous rappelons que nous devons transmettre chaque mois à Monsieur l’Inspecteur d’Académie, un état des absences sans motif valable.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de nos meilleurs sentiments.

La directrice

Réponse des parents :

QUOI ? Ce petit délinquant ne s’est pas présenté à l’école ? Je vais le… Non je rigole en fait je le savais.

Je vois en tout cas avec un plaisir non dissimulé que vous savez désormais conjuguer le verbe rappeler. Je suis fière de vous.

En revanche, je réfute avec véhémence le fait que les absences de mon fils n’aient pas de motif valable. Elles sont toujours joliment fleuries.

Cordialement,

MH

AVIS D’ABSENCE

Nous avons le regret de vous informer que votre enfant en classe de CE1 ne s’est pas présenté à l’école le samedi 12 avril.

Nous vous prions de bien vouloir nous indiquer les raisons de cette absence.

Nous vous rappelons que nous devons transmettre chaque mois à Monsieur l’Inspecteur d’Académie, un état des absences sans motif valable.

Veuillez agréer, Madame, l’expression de nos meilleurs sentiments.

La directrice

Réponse des parents :

- Choléra

- Purpura foudroyant

- Fièvre Typhoïde

- Droit de mon fils à se reposer plus d’une matinée par semaine

Merci de cocher la mention qui vous paraîtra correspondre le mieux à mon statut de parent dénaturé.

MH

Là, j’attends les services sociaux…

Des bises

Marie

 

Edit, donc :

 

Reçu ce jour, sur papier à en-tête de l’Autonome de Solidarité Laïque de l’Enseignement Public de Seine et Marne, le courier suivant, sans nom et sans adresse à laquelle répondre.

 

Madame (c’est moi),

 

Nous avons été informés que vous avez tenu à l’encontre de madame A. de l’école XX., de spropos diffamatoires.

De tels propos sont tout simplement inacceptables.

 

Nous devons vous signaler que toutes expressions outrageantes, termes de mépris, invectives ou propos diffamatoires constituent la contravention d’outrages à citoyen chargé d’un ministère public dans l’exercice de ses fonctions et qu’ils sont réprimés par les lois en vigueur.

 

Nous vous mettons donc en garde très fermement.

 

Le renouvellement d’une démarche semblable nous conduirait immanquablement à confier l’affaire à notre avocat pour qu’il saisisse la juridiction compétente.

 

Espérant ne pas être contraints à cette extrémité, veuillez agréer, Madame (c’est moi) nos salutations.

 

Le Président de l’Autonome.

 

Mais hahahaha non ? Non vous avez raison, c’est pas drôle. Si quelqu’un connait quelqu’un qui connait un bon avocat, je porterais bien plainte pour grand n’importe quoi, moi.

L’homme parfait

28 mars 2008 par Marie

Je la vois d’ici, la lueur goguenarde qui éclaire ton regard, lecteur mâle. Ayé, tu te dis, encore une pauvre folle frustrée (on peut, parait-il, remplacer avantageusement folle par vieille) qui va nous pondre un laïus sur ah la la les hommes, c’est tous rien que des méchants et qu’est ce que le monde serait mieux si on on les passait au presse purée. D’autres se tassent un peu la tête dans les épaules, craignant que je ne me mette à débaver sur leur dos, vu que n’essaye pas de prendre la lectrice pour une maman lapin, tout le monde sait que tu n’es qu’un gros goujat enveloppé de papier de soie, mais là n’est pas le sujet et pas dans mon cul non plus, c’est pas la salle des pas perdus.
Remballe, Charles, moi je m’en vais te causer de l’homme parfait selon l’évangile de Marie. LE homme parfait, celui que je veux qu’il me faut avant que ça ne sèche et que ça ne tombe tout seul.

Là, je ne sais plus si je dois écrire quand j’étais petite ou quand j’étais jeune, puisque les deux vont forcément provoquer l’hilarité générale. Disons il y a quelques temps. Voilà, il y a quelque temps, celui des couettes et des socquettes, je pensais que papa était parfait et maman rien qu’une bêcheuse. Tout ce que j’espérais de celui qui ravirait mon coeur, c’était qu’il soit au moins aussi intelligent, cultivé, beau, drôle, sensible, droit et courageux que lui.
Oui, maintenant, tu peux rire fort, les enfants finiront bien par se rendormir.
Depuis, donc, j’ai épousé et quitté l’homme qui pissait dans ma bouteille d’eau de chevet et se lavait une fois le mois. J’ai fait le deuil d’un certain nombres de mes illusions et de mes nichons de jeune fille et j’en ai profité pour revoir mes critères de pré-recrutement. J’en suis venue à la conclusion qu’il y a autant d’hommes parfaits que de femmes imparfaites, chacun ses goûts et Justice pour tous.

L’homme parfait peut bien laisser la lunette des vécés relevée, je m’en moque. La vie est trop peu trépidante pour qu’on se prive de la petite surprise de toucher l’eau avec le cucul quand on omet d’allumer la lumière.
Il a le droit d’être une grosse feignasse - il faudra juste qu’on instaure un grand concours de feignasses et qu’il accepte de vivre au souk du Caire.
Il n’est pas obligé d’aimer ma cuisine. HAHAHAHAHA non, il n’est pas obligé.
Il ronfle aussi fort que ça le chante, je suis hypersomniaque et s’il réussit à fermer l’oeil alors que je me prends une nuit sur deux pour Emile Zatopek, c’est qu’il mérite la médaille d’honneur du sommeil.
Il regarde le foot - même si ma préférence va au rugby rapport que c’est quand même moins des tapettes - mange la purée mousseline à même la casserole, pète dans son bain, apporte la voiture au garagiste pour faire changer les essuie-glaces, ronchonne devant les étagères Billy, subclaque au moindre rhume et prend toute l’eau chaude du ballon pour se raser.
Il appuie gentiment sur mon bouton du bout du menton en disant qu’il est peut être temps de cesser de saupoudrer ma choucroute de chocolat aux noisettes, me dit que la robe rouge me fait un gros cul, déteste ma mère, reluque ma soeur, se ligue avec mon fils contre moi et me grogne que chuis pas ta bonne si je lui réclame mon thé au lit.

Mais l’homme idéal est courageux - pas pour chercher querelle au voisin malpoli, ni pour sauver sa place dans la queue du Monop’. Il a le courage de rester calme au front des imbéciles et affiche en tout lieu un regard amusé. Il peut, sans crainte et sans honte, changer son opinion, admettre qu’il s’est trompé, ne pas avoir d’avis ou applaudir l’imbécile.

L’homme idéal sait ce qu’il est et ce qu’il vaut. Il mérite le meilleur. Dont moi ha ha. Il est brillant, l’homme parfait et n’en doute pas un instant. Il n’a donc nul besoin de le ululer sous la lune, de ponctuer ses assertions à coups de poing sur la table basse, ou de couper la parole de Patrick qu’il laissera s’enfoncer lamentablement dans ses contradictions. Puisqu’il sait qu’il a raison. Donc.
Il est beau, aussi, l’homme idéal. Ou alors il s’en fout. En tout cas, il n’a pas besoin de se mater pendant tout le déjeuner dans le grand miroir de la brasserie, derrière moi, ça lui laisse le temps de trouver que mes yeux, pinaise, ils sont quand même très chouettes.

L’homme idéal se suffit à lui même. Je peux rester plusieurs heures à l’intérieur de moi-même sans qu’il me demande toutes les 9 minutes pourquoi je fais la gueule et qu’est-ce que j’ai et à quoi/qui/quand je pense, il sait bien que je ne fais PAS la gueule. Juste j’ai rien à dire. Et alors on peut rester là, chacun à un bout du canapé ou de l’appartement et être bien sans se parler. L’homme parfait peut exister sans moi et admet qu’il ne m’est pas tout. Je ne veux pas savoir quand il rentrera ; il ne lui est pas indispensable de me demander avec qui je sors.

L’homme idéal rit, d’un gros rire qui cogne aux tempes. On se regarde et on se marre, il commence mes blagues et je finis les siennes, on moque les mêmes travers, on se court après pour le dernier Figolu (SI les Figolus SONT des gâteaux). Il craint les chatouilles mais aime mes massages, joue à la voiture de course avec le caddie du Champion, triche au mikado, met sa race au Nathasamère au bowling sur la Wii, refuse de démarrer tant que je n’ai pas attaché ma ceinture, parle tendrement aux plantes vertes mais oublie de les arroser, attire les chats mais les déteste autant que moi, fabrique des trucs tous pourris et complètement inutiles en laissant des copeaux de bois partout sur le carrelage, refait les dialogues par dessus les comédies romantiques, lave ma lingerie à 90°, me lit des extraits de ses livres préférés, boit comme un trou, me porte au lit quand je bois comme un trou, me laisse pleurer dans mon bain, aime suffisamment sa mère pour lui dire d’aller au diable, fait rire mon fils, sait se faire admirer de mon père, revient avec des billets d’Eurostar quand on n’a pas encore payé les impôts, renvoie tout seul ses feuilles de maladie, me prend dans ses bras quand j’ai peur, serre les mâchoires quand je l’agace mais jamais ne me crie dans les oreilles et surtout SURTOUT, s’il n’est pas besoin qu’il me le répète à tout bout de champ, l’homme parfait m’aime.

Et comme il m’aime, l’homme parfait, il ne me fait pas tous les jours l’amour. Les autres, il me baise. Il m’empoigne, il me rudoie un peu, il me fait plier, il exige que je baisse ces yeux insolents.
Ses gestes sont fermes et brusques, ses grosses mains caressent autant qu’elles chauffent ma peau. Parfois, il me refuse les baisers que je mendie parce qu’il a mieux à faire de sa bouche, comme mordre vivement le tendre de ma nuque. L’homme parfait est un peu cruel, je crois. Il me veut soumise quand je le veux mon maître. Lui seul sait combien je peux être vilaine, lui seul sait m’en punir.
L’homme parfait veut mon plaisir qu’il devine fortement lié au sien. Alors il s’attache à en prendre beaucoup, me plantant à coup sûr ses yeux fous en plein coeur. Je lui offre alors des bras sincères et il m’entoure, m’étouffe des siens. Puis, quand mon corps finit de se tendre, de se tordre et que s’estompe le dernier frisson, il me murmure mille folies à l’oreille et me jure de recommencer bientôt.

C’est peut-être beaucoup demander, non ?

Des bises,

Marie

Des révélations qui croustillent

12 mars 2008 par Marie

Alors atta je lis le mode d’emploi :

 

1- Mettre le lien de la personne qui vous a tagué.

J’aime pas dénoncer mais c’est l’agent Orange.

 

2- Mettre le règlement du tag sur le blog.

Ah ben voilà qui est fait.

 

 

3- Mentionner 6 habitudes ou tics sans importance sur vous-même.

Là, j’ai plusieurs problèmes. D’abord, si je commence à énumérer les différentes toquades dont papa et maman m’ont garnie, on me retrouvera dans une trentaine d’années, le squelette de mes doigts décharnés collé au clavier, la barbe coincée dans les touches et des petits vers blancs me sortant des orbites. Y’en a comme qui dirait beaucoup, je ne saurais pas trier.
Ensuite, il me semble bien que ce ne serait que tricher - il me suffirait de reprendre toutes les notes dont je vous ai déjà tartiné la patience ces dernières années. Je vous aime trop pour ça.
Après, c’est le “sans importance” qui me chiffonne. Le Docteur a dit que, dans le cadre de ma thérapie comportementale, je devais arrêter de me dévaloriser. J’ai une attestation signée de sa main. Alors voilà, RIEN ne me concernant n’est sans importance, je suis belle, brillante et bourrée de talent (DE TALENT S’IL VOUS PLAIT) et je mérite ce qui se fait de mieux. Oui, même les tics.
Enfin, il y a en a parmi vous que je ne voudrais pas faire fuir. En fait il y en a UN parmi vous que je ne veux pas faire fuir TOUT DE SUITE. Oui. J’ai un nouveau lecteur. Hi hi. Insérez là, si vous le voulez bien, un sourire niais, des yeux qui pétillent sottement et des joues rouges de collégienne. Me croyez-vous suffisamment nouille pour aller lui raconter, comme ça, tout de go, mes petites folies alors que j’ai bien l’intention de les lui faire découvrir au quotidien ? On n’attrape pas les mouches avec du vinaigre, mais avec de la lingerie fine, du sent-bon et une grande expertise en matière de sexe oral, c’est ma maman qui me l’a dit.

Vous voyez un peu mon dilemme ? Alors j’ai beaucoup discuté avec moi même (pas peur, la mouche, je ne fais ça qu’en cas d’extrême nécessité et jamais devant témoin, sauf dans les cabines d’essayage de H&M quand le jean slim me fait ressembler à une bouteille d’Orangina bleue) et j’ai pris la décision de vous livrer 6 secrets jusqu’alors bien gardés - les rares témoins ayant mystérieusement disparu en mer, chaussés de belles bottes en ciment.

Alors allons-y :

  • Sonia ronfle comme un bucheron aviné. Le soir venu, elle se douche, elle enduit l’ambre de sa peau de crème hydratante, elle glisse son corps de naïade dans un négligé de soie mauve, elle répand ses longs cheveux d’ébene sur l’oreiller, prend la pose d’Alexi de Dynasty et s’endort sereinement. Dans la seconde, toute la maison tremble au rythme du voile de son palais. On jurerait qu’elle a mangé la Micheline à Jean Gabin au dîner. Tes boules Quiès n’y feront rien, pauvre de toi, le sol tremble et le ciel menace de te tomber sur le coin de la cafetière.

  • La Belette, qui fait la belle avec sa collection rock d’experte, n’a pas toujours écouté de la musique de qualité. Madame je te fais découvrir Cruel Sea et je chante Jeff Buckley dans le texte a été LA grande fan de Jean-Jacques Goldman. Au point de réclamer son album pour Noël. Si. Alors bien sûr, hein, je n’allais pas la décevoir, je le lui ai offert. Devant tous ses amis.

  • Ma cousine Céline a eu un ENORME furoncle à l’intérieur du frifri. Quand je dis un furoncle, c’est pour ne pas dire un phlegmon, un pêche infectieuse, un pamplemousse dégoulinant de pus. Pendant des semaines, elle a marché comme quand on descend d’un cheval de trait et n’a pas pu mettre de culotte sous ses jupes. Ne me demandez pas comment je le sais, je le sais, c’est tout. Et je ne veux plus en parler ou y penser, j’en ai fait des cauchemars abominables pendant plusieurs semaines.

  • Alexandre B., le tombeur du prisunic, a un tout petit zizi. C’est pas vraiment vrai, mais ça me fait un bien de dingue de le dire. Tiens, d’ailleurs, je vais le redir, juste pour le plaisir. Alexandre B. a un tout petit zizi. Je bande.

  • Tata Jeanette a couché avec un officicer allemand pendant la guerre. Plusieurs fois. Tiens, d’ailleurs, maintenant que j’y pense, le cousin Jacques est vachement blond, pour un Lorrain.

  • Claude François n’est pas mort électrocuté, je le tiens de source sure. Il paraitrait qu’en fait, il aurait glissé sur le carrelage de la salle de bain et se serait fracassé la tête sur le coin du lavabo.

 

4- Taguer 6 personnes à la fin de votre billet en indiquant les liens de leurs blogs

Il serait juste que j’offre un droit de réponse à La Belette, qui se fera un plaisir de me démonter en peinture. Je tends aussi le bâton de berger à ChyporC, à ma Pinkette dont je sais qu’on l’a déjà sollicitée à ce sujet, à C4L1D0D0 qui pour l’occasion va se dé-pauser parce qu’il m’aime trop pour me refuser quoi que ce soit, à ma Mimitte que j’adule et qui va sortir de sa retraite sous vos applaudissements ou j’ajoute une paire de bullet-points à la liste du dessus à son unique intention et à Loïc Lemeur, histoire que pour une fois, il raconte des choses intelligibles et intelligentes.

 

5- Avertir directement les personnes taguées sur leur blogs

Non. Pardon, hein, mais ça fait aussi partie de la thérapie dont est-ce que je vous parlais un peu plus haut, je dois apprendre à dire non. Dont acte. NON. Je re-bande.

 

Des bises,

 

Marie

Gourbi or not gourbi

12 février 2008 par Marie

Déjà, le mur d’enceinte, c’est plus tout à fait ça depuis que la voisine a oublié de serrer le frein à main de son monospace. On se croirait un peu à Kyoto après que la terre ait tremblé et les boites aux lettres ne ferment plus. Tu me diras, ça met en phase avec le local à ordures à ciel ouvert, c’est bien, c’est raccord.

J’habite au premier étage. Sur le perron (abattez-moi tout de suite, j’ai un perron et je sais ce que ce mot veut dire, je suis ma grand-mère, pourquoi pas une marquise ou une pergola tant qu’on y est), ma maman m’a planté des géraniums. Il y a un an et demi. Ah oui, ils sont morts de chez morts, mais je trouve que ça donne un genre, des géraniums morts de froid dans leur bacs. Et surtout, je refuse d’y mettre les mains, c’est tout gluant depuis au moins 10 mois, j’ai bon espoir qu’ils finissent par s’évaporer. Sur le perron, il y a aussi deux ou trois sacs poubelles, que j’oublie régulièrement de descendre au local précité. Bon en fait, j’oublie pas systématiquement, c’est juste que souvent, le lundi j’ai mis mes talons aiguilles et ma jupe étroite et que descendre les poubelles dans cette tenue, ça va bien oui et pourquoi pas passer l’aspirateur en Chanel. Le mardi, souvent j’ai la flemme ou je suis en train de bramer au Nathasmère que s’il ne se bouge pas un peu la couenne et qu’on arrive encore en retard à cause de lui, je le mets en apprentissage de cantonnier, alors qu’en fait, c’est tout à fait ma faute parce que j’ai lu mes mails au lieu de me maquiller. Le mercredi, j’oublie et le jeudi, pfff, à quoi bon puisque le camion de ramassage ne passe que le lundi et le mercredi soir.

Entrons. Mais fais gaffe la porte blindée pourrait bien te revenir en pleines gencives, il y a du monde derrière. Enfin du monde, façon de parler. Il y a des chaussures. 1 mètre 75 de hauteur de chaussures entassées dans l’ordre de retirage. Oh tu peux y aller, j’ai déjà essayé d’en trouver une paire complète, ha ha quelle rigolade, tu en as pour des heures. Là encore il y a une explication. Je suis atteinte du syndrome bien connu de Pipistein de Clétovitch dans la serrure. Dès que j’arrive chez moi, je ne sais pas, ça doit provoquer une sorte de relâchement du sphincter principal du pipi et si je ne mets pas le turbo, flanquant mon fils contre le mur et envoyant valdinguer mes godasses sur le tas, j’inonde mes collants. D’où le tas de chaussures ET les zébrures noires, marrons et grises sur le murs, vu que quand tu balances une godasse au petit bonheur, tu as une chance sur deux de marquer le mur. Ou de péter un carreau oui, j’ai déjà fait, je ne mesure pas ma force. Pas loin du tas de godasses, il y a le tas de manteaux. Je vais pas te la refaire, pipi urgent, tout ça, j’accroche vite fait mon manteau sur la patère (HAAAAA je dis patère, maintenant, achevez-moi à coup de déambulateur). 4 ans de strates géologiques de manteaux par ordre des saisons, qui réduit le couloir d’entrée de plusieurs mètres. Donc, gaffe en ouvrant la porte, qu’elle ne te fasse pas la face toute plate façon nouveau-né coréen.

A gauche, ma chambre. Ah non, non, pas la buanderie, ma chambre. Cette impression que les placards ont été soufflés par la réplique de Nagasaki, c’est juste que je suis toujours un peu hésitante le matin. Et pareil pour les tiroirs de la commode. Je commence avec la vague idée d’associer tel chemisier avec tel pantalon, mais j’ai l’air d’une vache déguisée en banquière. Alors je change d’avis et je retire le tout, que je laisse par terre, à l’envers. Parce que c’est pas tout ça, mais il est déjà 8h12 et je suis en culotte en train de dire des gros mots à cette pute de fermeture éclair de jupe qui me reste dans la main, quoi c’est parce que j’ai un gros cul, on t’a demandé si ta grand-mère faisait du vélo ? Brefle, imagine la scène se répéter avec la totalité du contenu de ma garde-robe et tu comprendras pourquoi on ne voit pas la couleur du parquet. Mais attention, c’est du désordre propre et organisé, hein. Là le tas de fringues propres, là le tas de fringues sales que je ne vais pas tarder à avoir le courage de mettre dans le bac à linge sale. Demain probablement. Là ? Heu… le tas de fringues que j’ai pas encore décidé si je les jetais de rage à la poubelle vu que je ne rentre plus dedans ou que je mets de côté pour quand je serai le sosie de Kate Moss. Non, on n’ouvre pas le bureau, non. J’AI DIT NON. Parce que tu comprends si jamais tu l’ouvres, tout le bordel que j’ai planqué à l’intérieur risque de t’exploser à la figure.

Tadaaam, le salon. Si, si. Regarde, derrière la table à repasser, il y a une télé. et même un canapé sous les 300 kilos de bouquins, le cartable de mon fils et, hop hop attation en t’asseyant, les pots de pâte à modeler. Là ben là, pas de question, hein, tu peux voir que c’est à cet endroit que Nanou mange. Et c’est pas compliqué de deviner ce qu’il a mangé aux 7 derniers repas, vu que ce petit empoté rate sa bouche une cuillerée sur 2. L’aspirateur ? Mmmmh… laisse moi réfléchir, je ne l’ai pas vu depuis un moment. Ben dans l’entrée, je crois bien. Sûrement derrière les chaussures ou sous les manteaux. Sinon, tu peux voir que ma soeur est une abominable menteuse : mes plantes vertes sont en pleine forme. Mais c’est complètement pas grâce à moi. Elle mènent leur vie propre. Ici, c’est à la guerre comme à la guerre, il ne faut pas avoir besoin de trop de flotte.

La chambre de son Altesse Sérénissime. Ah, ça fait un choc, hein ? J’aurais beau jeu d’exiger qu’il la range, vu le souk dans lequel je l’oblige à vivre. Disons juste qu’il a hérité de ma nature de cheveux, de mon sens de la répartie sans filtre et du gène du bordel. Sur son tableau, oui, tu sais lire, il y a bien écrit “con” et “merde”. S’il n’a pas droit de dire des gros mots, rien dans la loi maternelle ne lui interdit de les écrire. Ben oui. Sur le lit, les habituels copains : Poupée (une vieillerie de chiffon dépenaillée avec laquelle je dormais il n’y a pas loin de trente ans et garde tes commentaires merci), Winnie Le Caca (the Pooh, jeu de mot bilingue copyright Maddy) et Gropoil (l’origine de son nom remonte à des temps immémoriaux, quand le Nathasamère avait son vocabulaire propre). Au mur, une photo de papa et maman à l’époque où ils pouvaient se tenir dans la même pièce sans avoir envie de se crever les yeux avec les ongles et un de sa cousine chérie, qu’il embrasse tous les soirs sans exception. Sa tante et moi pensons ne JAMAIS les laisser seuls d’ici 8 ou 9 ans, histoire que cette famille puisse se cantonner à un ou deux tarés congénitaux. Il y a peu de ses dessins dans la chambre du Nathasamère. Ils me donnent des cauchemars.

Non, ceci n’est pas un cagibi, c’est ma cuisine. Ne t’appuie pas trop fort sur le meuble, je l’ai fabriqué moi même et il tient plus à la force du Saint Esprit que grâce aux vis et aux boulons. Ah, et tant que tu y es, évite de t’appuyer au frigo aussi, il y a de fort risques d’y rester coller par le paletot, j’ai perdu l’éponge il y a plusieurs semaines.

Salle de bains, rien de bien particulier. Je suis extrêmement fière de mon bac à linge sale, complètement vide, qui me donne presque l’impression d’être une ménagère modèle. La salle de bains est très propre, oui. Mis à part le miroir constellé de projections de dentifrice, ce qui n’est pas du tout dégoûtant, mon dentifrice est très propre. Au bord de la baignoire, la preuve de ma maladie mentale des shampooings (7) et gels douche (8). Pas moyen de faire les courses sans en acheter un ou deux. Pareil avec les déodorants (14) et les brosses à dents (3 par habitant).

Toilettes, cabinets, ouatères, c’est au choix, je commence à me faire à l’idée de parler comme une maison de retraite. Alors ici, oui, ce n’est pas une impression, ça sent la pissotière. Pourtant, je jure que je frotte, j’astique, je javellise, je gratounette tous les jours. Mais c’est la faute à Monsieur mon fils, encore novice dans la maîtrise de sa lance à incendie. Sinon, bon, ben ce sont des gogues, hein, on ne va pas s’appesantir.

Alors voilà, tout ça pour dire que je cherche une bonne âme pour venir faire un brin de ménage par ici. Ou 12 bonnes âmes oui, ce sera peut être plus simple. Une sorte de Monica Geller fera l’affaire, quelqu’un que le repassage passionne, que le décapage de carrelage excite, que le nettoyage des carreaux fait triper, ça urge. J’ai peur qu’on finisse par me retirer la garde de mon fils et des plantes vertes.

Des Bises

Marie

Liste 3 - Des choix

24 janvier 2008 par Marie

 

  • Laisser l’un revenir mollement ou pardonner à l’autre ses affronts ?

  • Le restant de mes jours comblée d’amour sans chair ou longtemps encore, du sexe sans amour ?

  • Des amitiés nouvelles, intenses et éphémères ou de vieilles copines insupportables ?

  • Le froid, la faim, la soif, la fatigue et l’aventure ou le confort de mon fauteuil et les jours qui coulent, pareils aux précédents ?

  • Remettre mon coeur à l’ouvrage, l’exposer, le jeter au loups ou ne rien risquer mais ne rien connaitre ?

  • Loin, rare et fort ou proche et tiède ?

  • Perdre l’ami ou gagner l’amant ?

  • Continuer malgré tout et risquer l’ennui, la déchéance pour n’en finir que seule ou arrêter quand tout m’enchante encore ?

  • Me laisser faire, détendre mes bras crispés, fermer les yeux et attendre que le couperet tombe, sereine ou continuer de me battre, parce qu’un peu tous les jours, c’est moins terrible que beaucoup d’un seul coup ?

  • Le sucre ou l’ascèse ?

  • La petite mort ou la grande vie ?

  • Rire et pleurer fort ou sourire à demi mais toujours ?

 

Des bises ou des bises ?

 

 Marie

Slow Motion

5 janvier 2008 par Marie

Je suis toujours là, mais pas trop. Lasse, mais pas trop. Je suis entrée dans une phase d’intense ralenti, les mains en plomb et auréolée d’ouate.
C’est un peu comme quand, la tête sous l’eau du bain, l’extérieur ne me parvient qu’assourdi et déformé -  ni lourde ni légère, je ne suis pleine que de moi-même.

Tout arrive trop vite et trop fort. Engourdie, je ne produis qu’un mouvement quand il en faudrait dix, une pensée quand il en faudrait vingt. J’ai dû louper une marche…
L’avantage, c’est que les coups aussi, arrivent amortis.

Alors il ne faudra pas trop m’en vouloir, mais je vais attendre que ça passe, avant de me secouer le givre. Si je vous manque un peu, vous n’aurez qu’à m’imaginer, collée au convecteur, enturbannée dans mon plaid et me balançant d’avant en arrière à la mode Rainman.

D’ici la, des bises,

Marie

Edit donc : Non mais quelle larve, je vous jure !! J’ai COMPLETEMENT oublié de vous dire que le Blog de Merde était ouvert !! Le Blog de Merde, c’est bon, mangez-en.

Liste 2 - Mes réveillons tous pourris et toutes les raisons qui me font abhorrer les fêtes de fin d’année

19 décembre 2007 par Marie

  • Il y a eu la fois où mon père s’était mis en tête que toute la Sainte Famille distribuerait des repas aux nécessiteux, au lieu de s’empiffrer de mauvais saumon, comme le commun des mortels. Je vous épargne le descriptif détaillé des odeurs de cages à cochon d’Inde, vous me croiriez odieusement snob, mais je tiens juste à signaler qu’il me fallut plusieurs semaines et le sacrifice de mes longues tresses pour me débarrasser des poux et que maman refusa d’adresser la parole à mon père voire de se trouver dans la même pièce que lui, à cause d’une bête histoire qu’elle aurait choppé la gale pendant cette mémorable soirée.
  • Il y a eu la fois où ma grand-mère avait décidé qu’à mon âge il était temps d’aimer les huîtres, alors que moi, j’ai rien contre les huîtres, ce sont elles qui ne m’aiment pas. Je peux tout de suite vous le dire, au cas où vous vous le demandiez, qu’aux urgences, avec un oedème de quincke, on passe avant tous les autres malheureux, y compris ceux qui se sont planté le couteau à… huîtres dans la main. En revanche, c’est très dur de vomir. Très. Alors du coup, on s’étouffe un peu dans ses sécrétions, on devient toute bleue, le gros monsieur en pyjama blanc vous crie d’avaler un tuyau gros comme ma cuisse “comme si c’était un spaghetti” sinon il sera obligé de vous faire un vilain trou dans la gorge. Sauf que, DUCON, si ça refuse de sortir, c’est pas la peine d’essayer d’en faire rentrer, c’est purement physique. Qu’est-ce qu’on a ri, je vous jure.
  • Il y a eu la fois où ma mère avait décliné toutes les invitations, cette année, c’est juste nous trois au chaud, dîner de gala et une très bonne VHS (c’était à l’époque des VHS, un temps que les moins de 20 ans, gnagnagna, pour vous faire un repère, c’était à peu près cette année-là que Georges Michael murmurait négligeamment à nos oreilles et que nous le pensions fermement hétérosexuel…), pas moyen de rater celui-là, ça va être le plus beau réveillon de notre vie. Sauf que non, faire ses courses le 31 à 19h30 n’est pas un moyen génial d’éviter la cohue, mais il y a de fortes chances pour que ça te rappelle la Grande Russie du milieu des années 90. Et pardon, hein, mais à moins que ce ne soit une soirée à thème, réveillonner d’une boite de rollmops en regardant Conan le Barbare, c’est moyen excitant à raconter aux copines du collège le 3 janvier.
  • Il y a eu la fois où mon papa, grand pourfendeur des injustices sociales et défenseur de toutes les paumées du quartier, pourvu qu’elles aient moins de 30 ans et un joli cul pommelé, ne pouvait tout de même pas laisser Florence toute seule un soir comme celui-là. Cette pauvre enfant, sachez-le, avait été abandonnée par son maquereau fiancé, jetée à la porte par ses parents, avait perdu son travail et son porte-feuille dans la même journée. Nous sommes donc allés la chercher à son hôtel et l’avons attendue au bar, pendant qu’elle rassemblait ses maigres bagages, papa ayant eu la grande bonté de lui proposer de l’héberger pendant quelques jours. En plus de partager notre foie gras. 4 heures, on l’a attendue. Elle n’est jamais venue, zaïzaïzaïzaï. Entre temps, son amoureux l’avait rappelée, reconquise et elle avait oublié de nous prévenir. Entre temps, aussi, ma soeur avait innocemment demandé à papa si tous les noirs étaient cannibales comme Bokasa, en regardant le barmaid Togolais droit dans les yeux. C’est là que j’ai compris que tous les papas, si héroïques soient-ils, ne savent pas se battre.
  • Il y a eu la fois où Sonia, la Belette, Céline et moi avions décidé de nous encanailler à la capitale, mais vu qu’aucune de nous n’avait son permis, il nous fallut nous résoudre à l’autostop parce que le train, c’est vraiment pour les looses. Ce qui était moyennement judicieux, quand on se souvient qu’à cette période de notre existence vestimentaire, nous pensions que le summum du sexy c’était quand même de montrer son cul et ses nichons. Le premier gars qui s’est arrêté conduisait une bagnole tellement déglinguée que nous nous sommes dit qu’il ne pouvait pas EN PLUS être un violeur. Oui, nous avions la jugeotte assorties à nos jupes, depuis nous avons cédé le tout aux présentatrices météo de M6. Nous nous entassâmes donc dans la Fuego marron (gougueule, ma couille, j’ai pas que ça à faire) et en m’asseyant à l’arrière, j’ai senti comme un splouch humide sous mes fesses. Je venais d’imprimer mon auguste derrière dans la bûche glacée du monsieur. Il nous a évidemment jetées comme des malpropres avec moult injures et notre victime suivante fut beaucoup plus urbaine. J’ai, du reste, passé une excellente soirée à La Loco, ne vous méprenez pas, mais si je vous dis que j’avais tous les ringues du coin collés à mon cul, c’est pas du sens figuré.
  • Il y a eu la fois où la Belette nous avait dégotté une fête de folie, dans un château à Orgeval, autrement dit à l’autre bout du monde de Paris, rapport à ma Seine-et-Marne boueuse. Imaginez-nous bien, robes de bal, boucles d’oreilles en strass façon vache qui rit et talons pointus, dans le break emprunté à papa, sillonnant en long et en large toute la banlieue ouest parce que cette andouille de Furet du diable avait, plaf comme c’est ballot, oublié de prendre le petit papier où était notée l’adresse et le numéro de nos hôtes. Nous avons fini par y arriver saines et sauves à 1h50 du matin, crottées comme des chevaux de labour d’avoir piétiné tous les jardins des Yvelines, mortes de faim et de soif, fâchées à mort l’une contre l’autre et frigoricongelées, parce que les robes de bal, tu vas rire, ils ne les font pas à cols roulés, c’est un concept. Evidemment, le buffet avait eu beaucoup de succès, il ne restait plus une goutte de champagne et c’est ce soir là que ma soeur adorée décida d’initier ma cousine Ghislaine aux joies du cannabis, ce qui fit rendre à la malheureuse, la quasi totalité de ses organes internes dans le break de papa. Qui m’en parle encore qu’il a même eu du mal à la revendre.
  • Il y a eu la fois où le Nathasamère avait chopé la plus grosse gastro de la création. J’avais donc prévenu le banc et l’arrière banc, son père étant de garde la nuit du nouvel an comme tous les ans, que mon fils et moi resterions à la maison, à sécher les boyaux du nain à grand renfort de riz à la banane. Et c’était clair dans l’esprit de tous, du moins le croyais-je. C’était sans compter sur deux facteurs interdépendants et qui me valurent bien des déboires par la suite : la force de persuasion de ma belle-mère, dont le potentiel de nuisance se rapproche de celui du taon sur la croupe d’une vache, et la faiblesse de caractère de son fils, vous remarquerez que je ne fais pas mention de sa faiblesse d’esprit, mais c’est bien pour rester dans celui de Noël. En rentrant du bureau, on avait décidé pour moi que, le nain n’ayant pas vomi depuis près de 12 heures d’affilée, je pourrais bien me traîner jusqu’à Fontenay-sous-bois, banlieue riante et siège des méfaits de la sorcière vioque saloperie grand-mère de mon fils, que quand même tu pourrais faire ça pour le Nanou qui n’a pas vu mémé depuis au moins une semaine, elle qui l’aime tant. Pas contrariante pour deux sous et après 45 minutes de négociations serrées (essentiellement fondées sur des insultes à caractère antisémite s’il me faut être honnête avec vous) je jetai donc le petit sac à vomi dans la voiture et m’élançai, la rage au coeur, sur la nationale 3. Tout comme 275 000 autres ploucs endimanchés (j’ai failli ecrire sur leur 31, que je suis drôle, je m’aime). Embouteillages monstres, donc. Au bout de deux heures vingt de cul-à-cul, j’ai entendu comme un glourg derrière moi. C’est là que je me suis souvenu d’un truc qu’avait dit mon ex, juste avant que je lui promette le pal : “je lui ai donné un yaourt à la pêche pour le gouter”. Un rapide calcul vous permettra de déduire la suite de mon histoire : yaourt à la pêche + gastro-entérite cognée + môme de 18 mois même pas capable de prévenir qu’il va vous repeindre à la gerbe = une fin de trajet la tête à la fenêtre ouverte. Par moins douze au soleil. Je suis arrivée chez la pourriture belle-famille vers 21h30, puante, collante, furibonde et repartie dans l’heure, parce que mon fils, on veut bien le voir mais quand même pas quand il remplit ses couches de pâte nucléaire et le décolleté de mémé de vomi de pêche. A minuit, mon bébé et moi nous sommes souhaité la bonne année dans la voiture, les quatre vitres baissées et de la buée qui nous sortait même des canaux lacrimaux.

Et des fois comme ça, ou différentes, mais toutes aussi nazebroques, j’en ai des caisses à vous livrer, si vous êtes client. Cette année, c’est décidé, ça va être LA soirée de ma laïfe. Ou alors je ne mets plus mon nez dehors entre le 22 décembre et le 2 janvier jusqu’à la fin de mes jours.

Des bises,

Marie

Clio goes banana

7 décembre 2007 par Marie

J’ai tout fait pour qu’on n’en arrive pas là. J’ai admis mes torts, assumé mes fautes, payé cher mes erreurs. Mais là, il faut arrêter de me prendre pour un jambon de pigeon, tu abuses de ma patience. Et de mon compte en banque aussi. Alors soit tu te reprends, on cesse cette guéguerre idiote et tu fais ce pour quoi on te paye, soit tout est fini entre nous.

Notre relation a bien mal démarré et j’en porte l’entière responsabilité. Te bourrer ras la moquette plafonnière de colis IKEA lourds comme 29 chevaux morts, à peine ta sortie de l’usine, c’était une mauvaise idée. D’ailleurs, tu remarqueras que je n’ai ni rechigné ni tardé à faire changer tes deux amortisseurs arrières. Non, même en signant le chèque que la case du montant me semblait bien étroite pour y inscrire autant de chiffres, je n’ai pas émis la moindre plainte.

Pareil pour ce truc en plastique parfaitement inutile et mal fixé qui dépasse de dessous ton pare-choc avant. A-t’on idée de coller des machins si fragiles que ça se dégomme d’un simple coup de trottoir à des endroits aussi stratégiques ? Pure hérésie, on est bien d’accord. Mais quand le gros monsieur moustachu avec les ongles noirs m’a annoncé que je lui devait autant que la France à l’Algérie pour qu’il y colle trois malheureuses agrafes, en ai-je fait une maladie ? Non, j’ai allongé la fraiche, sans sourciller.

Quand le Nathasamère, dans un cronk sinistre, a malencontreusement planté sa portière dans le muret en béton de l’école, c’est toi que j’ai traitée d’abruti de fils d’andouille, peut-être ? Non, j’ai même poussé la sollicitude jusqu’à te demander de pardonner cet oligophrène au jus de moule de dégénéré de môme, si mes souvenirs sont bons.

Si j’avais pû éviter ce bus, je te jure que je l’aurais fait. C’est un malheureux concours de circonstance, j’ignorais tout de la règle qui veut que, quel que soit le code de la route, il faut toujours céder la priorité au véhicule qui pourrait potentiellement t’envoyer valdinguer contre une sanisette répugnante. Mais, à demi groggy, en sortant de… ben de toi, tiens, m’en suis-je pris à toi, tambourinant de mes petits poings sur ton capot tout gondolé ? Oui, mais je ne voulais pas, hein, c’est juste parce que taper sur le chauffeur de bus barraqué et fumasse m’a semblé risqué, sur le coup.

On est bien d’accord sur le fait que les médaillons successifs sur ton pare-brise, c’était pas moi. Je ne vois pas comment j’aurais pu grimper dans la benne du camion de graviers pour t’en balancer plein la yeule, alors que j’étais occupée à régler l’autoradio sur très fort pour ne plus entendre l’affreux sifflement que tu émets dès qu’on dépasse les 130 km/h.  Après, je dois avouer que j’aurais pû ne pas faire ma maline en montrant à un chéri que oh, regarde, c’est rigolo, ça s’arrête de siffler quand on appuie avec son pied, crac. Ca m’aurait probablement évité de connecter tous les médaillons en fissure géante.

Je m’en veux affreusement pour l’explosion du sac de confettis du mariage d’Emmanuelle que je n’ai toujours pas aspirés depuis le mois d’août dernier et qui te donne un petit air de sortir en zigué de biais du troquet du coin.
Je suis terriblement navrée que ces petits cons de mégots de cigarette jetés par la fenêtre avant trouvent drôle de re-rentrer par la fenêtre arrière pour aller finir de fondre sur tes sièges.
J’ai en horreur de l’idée qu’il va bientôt falloir marteau et burin pour te débarrasser de la quantité astronomique de gadoue qui te macule du toit aux roues, et d’ailleurs, peux-tu me rappeler ta couleur d’origine, merci, c’est pour l’annonce de mise en vente.

Tu vois, je t’aime, moi, et je te le montre au quotidien. Je ne t’ai JAMAIS laissée en rade de gasoil, sur le bord d’une départementale glauque à la tombée de la nuit un 30 novembre. C’est juste que j’ai confondu la borne diesel avec celle de sans plomb 95. Noir, vert, vert, noir, c’est pas clair leur signalétique. JAMAIS je ne t’ai volontairement fait frôler les poteaux indicateurs du périphérique, les bornes kilométriques et les platanes de la nationale 3. C’est juste que j’avais bu, oui, plus que de raison mais avoue qu’on a quand même bien rigolé, non ? JAMAIS je n’ai voulu cette inondation de coca-cola sur le siège passager, laissant penser que mes compagnons de voyage ne sont pas étanches. C’est juste que j’avais le choix entre me mettre debout sur la pédale de frein ou embrasser le cul du camion-poubelle dont je n’avais pas remarqué qu’il s’arrêtait devant moi, trop occupée que j’étais à envoyer un sms suprêmement urgent à un chéri mal-poli qui ne répondait pas au sms suprêmement urgent envoyé juste 5 minutes avant.

Alors ? Ca te semble juste, dans la même semaine et demi, de péter ton système de lève-vitre éléctrique (358€ H.T.), de crever ton pneu avant gauche (176€ pose comprise), de refuser de démarrer (ah, c’est l’électronique ma p’tite dame), de hoqueter comme une vieille poivrote sur l’autoroute pile le jour où je suis en retard pour la réunion la plus importante de ma life (oh si c’est l’arrivée d’essence, ma p’tite dame, ça va vous coûter bonbon), pour finir par crever ton pneu avant droit (tiens, aurais-je omis de racheter une roue de secours ?)
C’est quoi la surprise de demain ? Tu décroches tes essuie-glace pour me les planter dans le cul ? Tu m’éjectes de mon siège au travers du toit en passant sur le viaduc du Petit-Morin ? Tu recules pendant que je sors les courses du coffre ?
T’es maraboutée ou bien ?

Ecoute-moi bien voiture du diable. Pour une plus neuve, plus économique, plus obéïssante et plus écologique que toi, Monsieur Borloo m’a promis une prime verte sur laquelle j’ai bien envie de ne pas cracher, vu que malgré mes prières, les impôts n’ont pas oublié de m’envoyer leurs 10% de majoration. ALORS VA FALLOIR VOIR A FILER DOUX !

Des bises

Marie

Ca sent l’amère d’ici

21 novembre 2007 par Marie

 

Je clame l’indifférence que tu m’inspires. Un visage flou, ta peau est loin, les sonneries ne font plus surgir ton nom.Tu comptes aussi peu que je t’ai aimé et je ne garde de toi ni le souvenir ni le poids de ton absence.

Je pense à toi une respiration sur deux, et j’en retiens trois ; tout t’invoque. Je guette un retour autant que je le redoute. J’ordonne à mes genoux de ne pas plier pour te supplier ; seule la boule de chagrin de ma gorge m’empêche de hurler combien tu me manques.

 

Tes travers m’amusent et font briller mes jeux de mots. J’ai l’insulte aisée - je brûle sans honte ce que j’ai encensé. Je ris, je joue, je bois et mes amis me trouvent belle.

Si je hurle avec les loups, c’est pour ne plus entendre la litanie de tes mots tendres et morts ; ne plus me ronger aux vers de tes mauvais poèmes.

 

Au suivant, plus jamais, même pas mal, regarde comme je suis forte. Tu l’aurais aimée, ma déchéance, mais je ne t’en ferais pas le don. Je me jette à la tête de l’avenir, qui n’est pas toi.

Je voudrais rien qu’une fois encore ma tête sur ton ventre, ta jambe de mes bras et jambes ceinte, tes doigts mêlés à mes cheveux. Je voudrais rien qu’une fois encore murmurer, tête folle, que tu m’es tout et que je suis tienne. Je voudrais rien qu’une fois encore ce que tu donnes probablement à une autre qui n’en mesure pas la valeur.

 

Comme je regrette que tu ne saches pas ce que tu perds en me perdant ! Je ne t’accorderai pas un regard quand tu te traîneras à mes pieds - tu peux d’ores et déjà la sangloter, ta reddition sans condition.

Je crève de ne plus exister pour toi. Je crève que tu ne m’évoques qu’au passé. Je crève d’être ton erreur, tes remords, un regret. Je crève de ton mépris.

 

Quand le hasard te met sur ma route, je te souris de bon coeur, je prends gentiment de tes nouvelles et de celles des tiens. Tu la sens, la pointe de condescendance que j’ajoute à mon intérêt feint ? Dis-moi que tu la sens et qu’elle te blesse.

A chacune de tes apparitions, je mets toute mon énergie à cacher mon trouble, le tremblement de ma voix et le feu à mes joues. Maudits soit le pouvoir que tu conserves sur moi, ton parfum, tes mains, tes yeux et mon envie de fouisser dans ton cou.

 

Courage, courage, on ne se ment que quelques années, avant de finir par se convaincre.

Des bises,

Marie

Mon fils n’est pas une fille

15 novembre 2007 par Marie

 

Quand je vais le chercher à l’étude, il me fait ses petits yeux en accent circonflexe et me tend un baiser distrait. Je crois d’abord à une poussée de fièvre, au cramoisi de ses joues, mais son front est frais sous mes lèvres.
Il m’assure que tout va bien, non non pas d’inquiétude, rien n’explique cette mine chafouine, tout juste est-il un peu fatigué, rentrons vite chez nous. Je n’insiste donc pas.

A la maison, il obéit trop bien, trop vite et trop silencieusement. Je lui demande, une fois encore, ce qui l’attriste - il m’assure, une fois encore, qu’il va pour le mieux. En pyjama, sous le patchwork du salon, pelotonné sur le canapé, il garde les yeux dans le vague et finit de fendre mon coeur de mère.

Alors, je le prends dans mes bras, le berce et joue mon va-tout : chantage à la soupe de légumes ! Si tu racontes à ta maman, on commande une pizza. C’est un dernier recours, ne me jugez pas, c’est pour son bien.

Il fond en larmes et me fait promettre de ne pas avoir “honte de lui”. Je lève la main droite et crache je le jure. Il confesse donc : A la cantine, il chantonnait “pour ne pas entendre les autres crier”. Au refrain de sa chanson, il a dû monter un peu dans les aigus car toute la tablée s’est moquée de lui en le “traitant de fille”. Il les a d’abord ignorés, comme je lui ai appris à traiter les imbéciles, un sourcil au ras de la frange et le mépris en sourire. Ils ont continué leur rengaine, Nathanaël est une fille, ah, ah, Nathanaël est une fille.

Là, c’est à vous. Devinez un peu quel seul moyen cet enfant de crétin a trouvé pour leur prouver le contraire et ce qu’il va me falloir justifier aux yeux de la directrice ce soir après le boulot…

Des bises,

Marie

Même pas mal

7 novembre 2007 par Marie

Quand j’ai su qu’ils adaptaient Guerre et Paix pour la télévision, tu penses bien que j’ai réservé ma soirée ! A 16 ans, en lisant le roman, je te jure, j’ai passé mes soirées à faire des micros pipis-culotte tellement je l’ai kiffée, cette Natacha Rostov ! Alors, la voir en vrai dans ma boite à con, j’en ai bandé non stop jusqu’à ce soir. A peine rentrée du bagne, j’ai envoyé valser mes fringues, sauté dans mon pyjama en flanelle de coton, je me suis pieutée avec 29 oreillers dans le dos, la couette remontée jusqu’au menton, Pim’s framboise dans une main et l’autre sur mon petit coeur tout tendre.

Et là, vlan, au bout de 7 ou 8 minutes, je décroche. Les Feux de l’Amourskaïa, le truc. D’une niaiserie vomitive. Des dialogues ridiculeusement liquoreux et des chignons à bouclettes à pleurer. Pourtant, tout y est, hein, les violons, les robes Empire, la vodka au goulot, les je vous aime, les et moi donc ma chère amie, les qu’elle est belle la lune, les méchants sournois à regard méchant et sournois, la guerre et les chevaux blancs crinière dans le vent. Tout ce que j’ai TOUJOURS aimé. Mais rien. Je n’y suis pas. Je n’y suis plus.

Un doute m’assaille. Qui de nous deux déconne, Natacha ? Est-ce toi qui joue comme une bûche à perruque, ou est-ce moi qui refuse d’avaler ce dont je me délectait il y a encore si peu ?

Merdouille, j’ai changé. Je m’en rends compte ce soir, je ne suis plus la même, c’est affreux. Il me semble que c’était la semaine dernière, que je chouinais en relisant les Hauts de Hurlevent. J’ai été élevée à Tourguéniev et Margaret Mitchell, moi ! Nourrie au grain du vrai grand amour romantique et impérissable ! J’ai même fait tout un trimestre de volley-ball comme dans Jeanne et Serge, tu vois, ce qui demande de grands sacrifices comme se niquer les poignets avec sa race de ballon super dur.

Tout ça pour me retrouver à ponctuer toutes les répliques de “poil au cul” (c’est pour rimer avec “Ah mon amour si tu meurs, je me tue”, sinon, tu penses bien que je ne me fatiguerais même pas) et à balancer l’emballage des Pim’s sur ce gros niais de Comte Bezukov (ça s’invente pas, hein ?) qui ferait mieux de mettre une danse à sa pouf histoire de lui apprendre qui c’est le chef dans la datcha.

Ha, c’est trop triste. J’ai été Tarantinoïsée. Je ne peux plus piffrer la dame qui court à la rencontre du monsieur qui court à la rencontre de la dame, les deux connos bras tendus l’un vers l’autre. J’ai tout de suite envie qu’elle se prenne les escarpins dans sa traîne et qu’elle se plante la tête la première dans le champs de coquelicots si fort que ça en ferait de la fumée. Ou alors qu’il lui passe à côté et qu’il aille direct rouler une gamelle à sa meilleure copine, haha, tu fais plus trop ta fière blondasse, allez pleure tu pisseras moins.

Je ferais bien une tentative d’auto-réhabilitation à grands coups d’Autant en Emporte le Vent, mais j’ai très peur d’avoir envie de recoiffer ce grand tout mou de rouquemoute d’Ashley à la kalachnikov. Quant aux oiseaux qui se cachent pour mourir, j’espère qu’ils sont bien cachés, parce que je me sens l’âme à bouffer du Bougrain-Dubour, ce soir.

Non, y’a pas à tortiller, je ne suis plus la même. Je ne serai plus jamais amoureuse, j’ai changé, même pas mal et RIEN A FOUTRE QU’IL NE TELEPHONE PAS, QU’IL NE REPONDE PAS AUX TEXTOS ET QU’IL SOIT PARTI POUR 15 JOURS SANS DIRE AU REVOIR, CET ESPECE DE MONGOLOÏDE DES SENTIMENTS.

Des bises,

Marie

A la place du bourreau

31 octobre 2007 par Marie

Je te vois heureuse et fébrile, Marie - c’est de la terreur que je devrais t’inspirer. Tu ne mesures pas les dangers qui te guettent. Tu souris encore, mais parce que je les veux, j’aurai tes larmes. Tu n’en sauras la valeur que quand je te les aurai arrachées.

Dans mes tendresses, tu veux voir la promesse des douceurs à venir, mais déjà, tu sens la glace de mes mains sur tes joues tièdes. Cela ne constitue même pas le début de ton calvaire, pauvre idiote. Je m’attache juste à tromper ta méfiance ; je te berce et t’endors. Je vais si bien te mentir que tu en redemanderas. Je te veux à ma merci, offerte et naïve. Quand tu me croiras amoureux, je finirai de tisser ton piège. Quand tu te penseras prête à me cueillir, c’est moi qui n’aurai qu’à me baisser pour ramasser ce qu’il restera de toi.

Pour l’heure, je te laisse agacer ma soif de pouvoir. Ne sois pas trop prompte à me céder ta volonté, je t’en prie. J’aime l’idée des stratégies que je devrai affiner, adapter, modifier, que je devrai abandonner, pour les reprendre en dernier ressort. Tu vas me donner tant de mal, Marie, pour finir par tant me contenter, que je ne sais ce que je préfère des efforts ou des jouissances à venir.

Redoute-moi, Marie, aussi fort que tu le peux, car je suis redoutable. Nulle autre arme que mes paumes le long de tes bras, le brun tendre de mon regard sur toi, le velouté de quelques mots choisis que je glisserai au creux de tes nuits - tu tomberas pourtant, aussi surement que si je te giflais à toute volée. J’userai de tous tes pêchés, la colère, l’orgueil, l’envie et la paresse. Je tirerai de tes plaintes des sons enchanteurs et au pire de mon ignominie, je pourrai encore te culpabiliser, c’est si simple.

Je sais quand, comment et pourquoi. Je te tiens entre pouce et index, toute petite Marie et je ris de te voir ainsi dolente, à peine tendue par l’excitation des débuts.

Quand, sous tes pieds, ton monde ne sera plus qu’éboulis, que tes genoux ne trouveront que la terre meuble et que tes ongles se retourneront au lisse des rochers, alors seulement je plongerai mes mains en toi, une au coeur, l’autre aux entrailles. Et parce qu’alors tu seras mienne, il me sera aisé de te les arracher. Je frissonne à l’avance à l’idée de l’étonnement que je lirais dans tes yeux quand tu comprendras ce qui t’attend. Je jouis par anticipation de ton sanglot.

Oh, mes doigts enfoncés dans le blanc de ta nuque ! Oh, t’assujétir, te contraindre, te soumettre ! Oh, effacer ta morgue, mépriser tes suppliques, ecraser dans mon poing ce qu’il te restera de dignité. Je vais adorer te torturer et je sais que tu vas détester m’aimer au moins autant que tu aimeras me détester.

Mais avant de commencer à jouer de toi, je veux te voir encore un peu feindre la force et l’indifférence. Marie, tu ne trompes que toi. Mon heure arrive…

Des bises,

Marie

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